mardi 17 avril 2012

Black lips - Bad kids

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De quoi DSK est-il le non-dit ?

"« L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique » se navrait avec affectation Pascal Bruckner dans une tribune du Monde (24 août 2011). « Punir la France pour l’Irak, pour Roman Polanski, pour les lois sur le voile et le niqab, mettre au pas cette nation récalcitrante qui s’entête dans ses mœurs dissolues, tel est le sens ultime de l’affaire DSK au moment où l’Amérique mord la poussière et cherche des boucs émissaires à son déclin. » Mieux informé, Bruckner eut pu rédiger un article pertinent sur le puritanisme étasunien, mais aussi sur ses évolutions perceptibles (par exemple la déclaration d’inconstitutionnalité frappant les lois dites « anti-sodomie », lesquelles visaient en réalité tous les actes érotiques « stériles ». Voir Le Siège de l’âme).

Moins de préjugés nationalistes lui eussent évité d’assurer que « seul un pays malade de sa sexualité [comme les États-Unis] peut imaginer de tels sévices [prisonniers entassés nus à Abou Grahib]. » Comme si les tortures sexuelles et les viols commis pendant la guerre d’Algérie par des parachutistes français sur des prisonnières (« indigènes » ou non) relevaient d’une saine virilité gauloise... Ce que bien sûr Bruckner, qui n’a certainement jamais violé personne, ne pense pas. Mais il oublie de se souvenir au moment adéquat qu’il ne le pense pas. Il est vrai que le « sexe » est de ces sujets qui font fourcher l’esprit, la langue, et la queue (comme disait un diable de mes amis).

La langue qui fourche ment-elle ? Ou bien, au contraire, révèle-t-elle davantage que la langue droite, « soutenue » dit-on. In vino veritas. In cauda venenum. Allez savoir !

Examinons le cas d’un autre spécialiste de l’amour et de la morale, d’ailleurs coauteur jadis avec Bruckner d’un ouvrage sur l’amour [1], Alain Finkielkraut.

Les journalistes n’oublient pas leur ancienne collaboration et Libération a réuni les deux auteurs à Lyon, en novembre 2011. À propos d’amour, bien entendu. Ce fut l’occasion pour Finkielkraut de dire de DSK : « Il aime les parties fines, la débauche. Il est libertin et c’est une manière d’aimer les femmes ». [2]

« Mœurs dissolues » et « parties fines »... ? Dissolues ; signifie dissoutes ; mais dans quoi ? Et fines ? Le contraire de « grossières » ? Fines, comme « fines gueules », « fine champagne ». « Partie fine » : partie de débauche ; pop. partouze. Débaucher : le verbe viendrait du vocabulaire de la menuiserie. Débaucher, c’est d’abord dégrossir, puis fendre du bois.

On a beau fureter dans les dictionnaires, sauter du coq à l’âne, jouer avec les mots, comment lire « une manière d’aimer les femmes » dans des partouzes tarifées, avec des prostituées, et comme clients des flics et des patrons ?

Ou bien s’agit-il d’ « aimer » les femmes, comme on aime les grosses cylindrées, le bœuf bourguignon ou les signes extérieurs de richesse ?

Du fric, des flics, du pouvoir (ne manque qu’un évêque ; les temps changent !). Dans quoi ces mœurs se sont-elles dissoutes, sinon dans les eaux glacées du calcul égoïste. Dans une caricature des mœurs aristocratiques puis bourgeoises de toujours. Même manière d’« aimer les femmes » chez DSK et ses commensaux, chez Berlusconi, et sans doute chez Poutine.

Finkielkraut n’est pas du genre à fuir les sujets difficiles. Il consacrait, le samedi 25 juin 2011, un numéro de son émission Répliques (sur France-Culture) au libertinage. Il y évoquait un article du Monde à propos de la campagne lancée par un groupe qui se déclare féministe, intitulée « Osez le clitoris ». Quelle époque ! Bon, quand on n’est pas du genre à fuir, il faut faire face. Et l’on entend ce propos dans la bouche du philosophe : « Vagin, je suis désolé de prononcer ce mot à l’antenne, mais j’y suis forcé par les circonstances ».

Imagine-t-on la gêne, la souffrance même, d’un philosophe - dont nous savons désormais qu’il sait ce qu’ « aimer les femmes » veut dire -, littéralement forcé par les circonstances (autant dire un viol !) de prononcer à l’antenne le mot VAGIN. Peut-il au moins se rincer la bouche... rien n’est moins sûr. Ah ! je suis comme vous, chères lectrices, chers lecteurs : des mots de consolation me viennent à l’esprit. Tous nous avons envie de dire à Alain que ça n’est pas si grave, que nous avions tous entendu ce mot, et même sur l’antenne de France-Culture... Mais si, Alain ! Souvenez-vous de cette pièce, chroniquée à plusieurs reprises : Les monologues du v... (chut ! ne retournons pas le couteau dans la plaie).

Il semble donc qu’Alain ne partage plus tout à fait l’enthousiasme de son camarade Pascal pour les « mœurs dissolues ». Au moins le rejoint-il sur la condamnation de la société américaine. Il se passe là-bas des choses qui passent l’entendement. Ainsi, à l’heure où la machine judiciaire se met en place contre DSK, que voit-on ? Sur France 2, dans l’émission Mots croisés, du 30 mai 2011 (propos à 42" 07’), Alain se chargeait d’attirer notre attention :

« Le procureur s’est adjoint deux assistantes qui sont des femmes ; ça devrait nous faire réfléchir ! Pourquoi des femmes ? C’est comme si, aujourd’hui en France, un homme était poursuivi pour antisémitisme et que le procureur se disait “Alors, maintenant j’ai besoin de juifs pour étoffer l’accusation !” »

Relisez cette phrase.

Le procureur s’adjoint des femmes dans une affaire de viol ! Quelle inconcevable partialité ! Quelle sournoise manière de fausser le jeu d’une justice impartiale ! C’est comme, c’est comme... On peine à trouver l’image qui convient. Tiens ! c’est comme si le procureur - enfin non, pas ce procureur-là ! Reprenons : c’est comme si un magistrat français choisissait des assesseurs juifs pour juger un antisémite ! Voilà ! C’est exactement pareil ! Des femmes pour juger un violeur présumé, autant dire des juifs pour juger un antisémite présumé...

...Quant il apparaît évident à tout esprit éclairé et objectif qu’il est inconvenant que des juifs soient appelés à juger un être qui les voue à l’opprobre, voire à la destruction. Comment voulez-vous être impartial dans ces conditions ?

On pourra donc s’offusquer pareillement de ce que des journalistes juifs soient appelés à traiter, par exemple, du conflit israélo-palestinien... Comment voulez-vous ? Dans ces conditions...

Si notre mémoire est bonne, c’était l’obsession d’un certain Renaud Camus, récemment rallié à Marine Le Pen, dont le même Finkielkraut, assurait qu’il n’y a rien d’antisémite dans sa manie de décompter les (trop nombreux à son goût) patronymes (censément) juifs sur l’antenne de France-Culture...

Observez qu’il y a dans ce délire une vraie logique. En effet, si - contrairement au sens commun - l’habitude de repérer, compter et dénoncer les juifs n’a rien d’antisémite, alors récuser les femmes pour juger un violeur n’a rien de machiste. C’est, disons de la prudence...

Or on ne saurait être trop prudent par les temps qui courent. Évoquant l’attitude des maoïstes de La Cause du peuple dans l’affaire du notaire de Bruay-en-Artois, accusé en 1972 du viol d’une jeune fille, un « révélateur de la folie idéologique sectaire », Finkielkraut ajoute : « Je me demande si les choses n’ont pas empiré » [3].

Le passé maoïste du philosophe donne à son diagnostic le poids du vécu. On se dit : voilà un mec qui s’y connaît en sectarisme.

C’est insuffisant néanmoins. Et pour mieux suggérer l’ambiance terroriste (tribunaux populaires, etc.), Finkielkraut déclare : « Je voudrais citer une féministe historique, qui m’a demandé de ne pas citer son nom, étant donné le climat actuel » [4].

Admirez la chose. Moi, Finkielkraut, qui dénonce la présence de magistrates dans un jury d’accusation appelé à connaître d’une affaire de viol, je fréquente (au moins) une « féministe historique » - aussi crédible donc en féministe demeurée féministe que moi en ex-mao aujourd’hui invité à déjeuner au siège du patronat - et elle me fait assez confiance pour me livrer un témoignage sous X, ce qui n’est pas rien « étant donné le climat actuel »...

Dans la même émission, le philosophe déclare avoir été choqué du « spectacle » des femmes d’un syndicat de l’hôtellerie qui ont manifesté à New-York contre DSK. Heureusement qu’il existe des individus auxquels leur genre, leur couleur de peau et leur position sociale ont apporté en partage (en plus de tout le reste, s’entend) l’objectivité et le sens de la mesure. Exemplaire, Pascal Bruckner : « Même si DSK était acquitté, il resterait coupable : sa faute se déduit de son statut. Mâle blanc, riche et européen, c’est-à-dire décadent, il ne peut être autre chose qu’un agresseur compulsif. » (tribune du Monde déjà citée).

Au fait, notre attentif lectorat l’aura noté, tout occupé que nous étions de nos duettistes de la morale amoureuse, nous n’avons guère parlé jusqu’ici du héros malheureux de l’affaire, ou plutôt des affaires qui portent son nom.

En même temps que la presse nous apprenait qu’il était mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », accusation dont rien ne dit qu’elle résistera à l’instruction judiciaire, elle nous révélait le contenu de certains des milliers de courriels échangés entre DSK et ses compagnons de « débauche », comme dit Finkielkraut.

Dans certains de ces courriels, DSK désigne les filles engagées pour les partouzes, dont il nie avoir su qu’il s’agissait de professionnelles, sous le terme général de « matériel ».

Après « fait de matière » et « opposé à formel », Littré donne comme troisième sens de matériel : « Qui a ou qui paraît avoir beaucoup de matière, grossier. [...] En un sens analogue, gros et lourd, en parlant des personnes. Il devient matériel. »

Concernant DSK, la révélation n’est pas récente, mais Littré l’éclaire pour nous : ce type est matériel.

Certes, il a, lors de son interrogatoire, désavoué le terme, jugé par lui a postériori inapproprié.

Inapproprié est un américanisme, d’introduction récente [5] dans le vocabulaire courant français, via les journalistes. Il sert à nier que l’on a commis un délit ou un crime, en reconnaissant un simple « écart de langage ».

Parler d’écart de langage me fait penser à certaine amie des animaux qui a raté une occasion de se taire. Ingrid E Newkirk fondatrice de PETA, organisation qui milite entre autres contre l’usage de la fourrure dans l’habillement, a écrit le 28 mars 2012 à DSK, pour lui proposer d’approuver l’utilisation de sa photographie dans une affiche de PETA en faveur de la stérilisation des animaux de compagnie. « Personne n’est mieux placé que vous pour faire valoir qu’une libido exacerbée peut causer d’énormes problèmes et changer une vie ». La fondatrice de PETA a joint à sa lettre une maquette d’affiche. À côté du visage de DSK, on peut lire une phrase en gros caractères : « L’ABUS DE SEXE PEUT ÊTRE MAUVAIS ».

Du point de vue de la technique publicitaire, le coup est joli, puisque la « campagne » réelle est évidemment l’annonce de la proposition de campagne (réellement faite ou non) et l’écho qu’elle suscite.

Du point de vue idéologique, PETA fait passer l’intérêt supposé des animaux avant l’intérêt des femmes. C’était déjà parfois le cas jusqu’ici dans la manière d’utiliser les corps de femmes dénudées dans ses campagnes [6]. Cette fois, le slogan sur « l’abus de sexe » pousse jusqu’à la caricature le mensonge sur le continuum entre pulsion sexuelle (masculine) et viol (voir sur ce site Les « besoins sexuels » : un mythe au masculin.

Or le viol n’est en rien un « abus de sexe ». C’est un abus de pouvoir.

Les Finkielkraut et consorts évoquent un terrorisme féministe comme les militants lepénistes parlent du « racisme antifrançais ». C’est une inversion du réel. À qui peut-elle profiter, sinon à ceux qui, ayant payé ou se servant gratis, « aiment » une femme tandis que deux complices - je veux dire deux « libertins » - immobilisent chacun l’un de ses bras.

Je sais ce que vous pensez... Est-ce que ces déclarations des prostituées dont DSK était l’un des clients n’auraient pas été un peu « sollicitées » par les policiers ? Et d’ailleurs, étant donné le climat actuel, sait-on seulement si ce ne sont pas, je m’excuse d’écrire ce terme mais j’y suis forcé par les circonstances, des femmes qui auraient interrogé ces femmes ?

On sera tenté de suivre, au moins sur un point, M. Dominique Strauss-Kahn, lorsqu’il explique aux policiers (ceux qui l’interrogent, pas ceux avec lesquels il baise) l’usage du mot « matériel » : « Lorsqu’il y a plusieurs personnes, c’est plus rapide d’employer un mot qu’une liste de prénoms ».

Voilà une vérité toute simple qui, aussitôt dite, emporte l’adhésion.

Un mot ?

Empruntons-le à Belmondo, dans À bout de souffle de Godard : dégueulasse.

[1] Le Nouveau désordre amoureux.

[2] Libe.fr, 27 novembre 2011.

[3] Répliques, du 9 juillet 2011. Finkielkraut recevait Irène Théry et Valérie Toranian, de Elle.

[4] Je n’ai pas noté le propos décisif de la « féministe historique » ; avis aux curieux.

[5] Le Petit Robert (édition 1990) ne le mentionne pas. L’antonyme français d’approprié est impropre.

[6] Voir Je chante le corps critique."

http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=341

Procès antiterroriste pour 6 camarades du 14 au 22 mai 2012 à Paris

"Rendez-vous le Lundi 14 Mai 2012 à 13h30 pour la première audience – 10e chambre – TGI Paris"


http://cestdejatoutdesuite.noblogs.org/2012/04/10/proces-antiterroriste-pour-6-camarades-du-14-au-22-mai-2012-a-paris/

https://infokiosques.net/mauvaises_intentions

[Tract] Ne votez jamais

"Ne votez jamais…

Nous nous plaisons à nous envisager tels des hommes et des femmes libres, entier/es et indivisibles, que l’on ne peut couper en petits bouts pour ranger dans les tiroirs institutionnels de l’Etat ou les tiroirs caisses des patrons et autres propriétaires. Mais il n’est pas difficile de se rendre compte que tout cela n’est qu’une illusion de plus. Le fait est que nous ne parvenons pas à nous appartenir à nous mêmes. Nous sommes possédés par des maîtres, à coup de fric et de temps. Notre temps est morcelé en petits bouts au loisir des politiciens, des publicitaires, des flics, des juges, des « aides » sociales, des patrons, de la médecine, des communautés et des familles. Tous s’allient à un moment ou un autre, de façon consciente ou non, pour nous diviser, nous monter les uns contre les autres, nous représenter de force, nous dépouiller, nous enrégimenter, nous analyser, nous menacer, nous acheter et nous vendre, ou plus basiquement, nous matraquer.

Les politiciens sont de ceux qui nous achètent au meilleur prix pour nous revendre au rabais, ils sont de ceux qui nous humidifient les yeux avant de nous violer le temps de cerveau disponible. Ils prétendent représenter nos aspirations en nous les dictant, un pistolet social sur la tempe. Contre un bulletin de vote, ils nous promettent des oasis dans les tempêtes de sable de nos existences, dans le désert de faux-semblants et de misère qui peuple lamentablement nos vies ennuyées.

Bientôt, une nouvelle échéance électorale, la foire d’empoigne, l’hégémonie absolue des marchands de tapis idéologiques. Mais qui est encore assez con pour y croire sincèrement ? Qui est encore assez con pour aller voter le cœur battant comme on se rend à un premier rendez-vous amoureux ?
A peu prés personne, on va voter comme d’autres vont pointer, on va voter comme on va travailler, on va voter comme on va remplir ses déclarations d’impôt : dans l’ennui le plus total ou en baissant les yeux et en se détestant.
Certains sont ouvertement les représentants de la bourgeoisie, certains autres prétendent représenter les pauvres et les dominés, mais rien ne ressemble plus à un représentant de la bourgeoisie qu’un représentant des pauvres.

Aucun candidat ne représentera jamais notre soif de ne plus être représentés, aucun d’entre eux ne pourra jamais représenter fidèlement deux individus à la fois. Aucune élection ne pourra jamais nous rendre libre, nous rendre nos vies. Voter pour qui ou pour quoi n’est pas la question, la question est pourquoi voter ?

Aux prochaines élections, comme à toutes les autres auparavant, nous nous abstiendrons, et nous inviterons tout un chacun à faire de même, à ne pas participer à son propre esclavage. Seulement, il ne s’agit pas seulement de s’abstenir ou de déserter les urnes, il s’agit de toutes les brûler et de mettre le feu à ce monde qui nous avilit et nous dégrade, de se réapproprier nos vies, nos corps et notre dignité, et si l’intelligence ne suffit pas, la force fera l’affaire.

Révolution.
Attaquons tout ce qui nous rend faibles et nous dépossède de nos propres vies.
Libérons nous de la politique


Des anarchistes."

Vu par ci par là

[Affiche] Avis de tempête

"La vie n'est pas une croisière où tout le monde s'amuse :
un emploi perdu, une allocation menacée par les mesures d'austérité, une centrale nucléaire qui pète, un-e proche arrêté-e par les flics, une survie toujours plus difficile. Et dans ce monde en perpétuelle transformation, on s'attend à une prochaine tempête.

Beaucoup s'en remettent à la démocratie et font confiance à ses institutions, que ce soit les élections comme les syndicats, la police comme la justice, assurant au pouvoir la perpétuation dont il a besoin. Les sangsues nationalistes, religieuses et communautaires s'agitent, sentant que la situation peut leur être propice.

De sont coté l'Etat se prémunit, resserre son contrôle et construit de nouvelles prisons pour enfermer les indésirables, les récalcitrant-e-s, celles et ceux qui se révoltent, celles et ceux qui préfèrent voler dans les magasins et arnaquer les allocs plutôt que de crever la dalle.

Mais le vent pourrait tourner.
En Angleterre, des milliers de gens ont brisé les règles du jeu le temps de quelques nuits d'août enflammées. De Lampedusa à Christmas Island, des prisons pour étranger-e-s sont incendiées par les sans-papiers qui y sont enfermés.
En Tunisie comme en Egypte, des révolté-e-s s'attaquent au pouvoir en place. Tout cela nous porte à croire que l'on peut changer radicalement l'Existant.

Nous ne voulons pas de leur religion, de leurs prisons, ni de leur nation et de leurs frontières.
Parce que le pouvoir perpétuera toujours la domination et l'oppression, il n'y a rien à faire de leur démocratie, qu'elle soit de gauche ou de droite, représentative ou réelle."


D'autres chouettes affiches par là : http://lecridudodo.blogspot.fr/2012/04/le-mur-est-une-tristesse-elevee-entre.html

[Brochure] Souvenirs d’un révolté

"De 1900 à 1903, Jacob organisa avec quelques camarades une bande de voleurs dont l’ambition était de faire de la « reprise » une entreprise « scientifique ». Pour eux, le vol ne devait pas être une réappropriation personnelle mais une attaque en règle contre le monde des puissants. La justice répertoria 156 cambriolages commis dans cette période par ceux que la presse avait baptisés les « travailleurs de la nuit ». Leurs cibles étaient les riches, le projet était de les punir en les frappant au portefeuille, leur plus sensible organe.
Loin de se contituer une fortune personnelle, Jacob aida généreusement les oeuvres libertaires. Le 21 avril 1903, il fut pris non loin d’Abbeville, après une expédition qui avait mal tourné. C’est l’épisode que narrent les Souvenirs d’un révolté."


http://infokiosques.net/spip.php?article898

mercredi 4 avril 2012

[Affiche] La fin des illusions

" Du 14 au 22 mai 2012, six camarades passeront en procès à Paris sous l’accusation d’association de malfaiteurs à finalité terroriste. Alors, parce que la liberté est le crime qui contient tous les autres,
que chacun exprime sa solidarité de la manière la plus adéquate.

La fin des illusions

Les fins de mois sont déjà difficiles à boucler, et voilà qu’on nous promet de tous côtés une nouvelle cure d’austérité à ingurgiter en se pinçant le nez, et surtout sans broncher. En somme, un mal nécessaire pour sauver de la tempête cette foutue galère dans laquelle nous ramons depuis trop longtemps.

Dans ce monde à l’envers, le problème ne serait pas qu’un petit nombre s’enrichisse sur le dos des autres, mais de ne pas se résigner aux miettes qu’on nous octroie. Ce ne serait pas la marchandisation de tout et de tous, mais que certains passent à la caisse sans payer. Ce ne serait pas le règne de la politique, mais que des révoltés luttent pour une société sans gouvernants ni gouvernés, sans maîtres ni esclaves.

Dans ce monde à l’envers, l’inacceptable ne serait pas de saturer la terre de poisons industriels et nucléaires, de bombarder très démocratiquement des populations entières, de tuer et mutiler des milliards d’êtres humains au turbin. Ce serait de vouloir briser la routine de l’exploitation et de la domination, pour enfin commencer à expérimenter un monde fait de liberté et de réciprocité.

Car face à nous, chaque fois qu’on ne courbe pas assez la tête, il y a la matraque et ses souteneurs pour tenter de nous faire rentrer dans le rang. Face à nous, les uniformes occupent militairement les quartiers, mènent la traque avec fichiers et caméras de surveillance, multiplient contrôles et tabassages.
Alors, qui n’a jamais pensé à leur rendre coup pour coup, qui n’a jamais caressé le désir d’en finir avec les chiens qui gardent l’ordre et les privilèges des puissants ?

Face à nous, quand on refuse de crever bien sagement à petit feu, l’Etat brandit sans cesse la menace de la prison. Incarcérés parce qu’on a pas respecté la sacro-sainte propriété, enfermés parce que dépourvus du petit bout de papier adéquat, embastillés pour avoir craché notre rage à la gueule de l’autorité.
Alors, qui n’a jamais rêvé que les taules soient rasées ? L’attaque de comicos ou de prisons ne fait-elle pas partie des réjouissances lorsqu’éclatent des soulèvements, ici ou ailleurs, comme l’an dernier en Tunisie ?

Du 14 au 22 mai 2012, six camarades passeront en procès à Paris sous l’accusation d’association de malfaiteurs à finalité terroriste. Les faits concernent la tentative d’incendie d’un véhicule de keufs en 2007 pendant la dernière mascarade présidentielle, et un sabotage de la circulation des trains lors du mouvement anti-CPE en 2006. Ils sont également accusés de fabrication de fumigènes artisanaux et crève-pneus destinés à une manifestation devant la prison pour étrangers de Vincennes en 2008, ou encore d’avoir eu entre leurs mains des manuels de sabotage, du chlorate et des plans originaux de la prison pour mineurs de Porcheville (Yvelines).

Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire l’Etat, les patrons et leurs concurrents.
Alors, parce que la liberté est le crime qui contient tous les autres,
que chacun exprime sa solidarité de la manière la plus adéquate.

Contre le terrorisme d’Etat,

Que crève le meilleur des mondes !"



https://nantes.indymedia.org/article/25429

" Espace et capital " par Alfredo Bonanno

"ESPACE ET CAPITAL

Aucune partie de l'espace physique ne peut être isolé de l'interférence du capital, que ce soit dans l'univers ou dans les profondeurs de l'océan, les montagnes ou les rivières, les mers ou les déserts, la grande métropole ou le plus petit, le plus reculé des villages. Toute une série de relations se croisent et se chevauchent : les éléments sans liens apparents sont liés par la matrice commune de l'exploitation. On se fourvoierai encore en tentant d'aller quelque part au loin, en dehors du monde comme on dit, pour y découvrir que les mécanismes du capital continuent de nous atteindre et fonctionnent parfaitement. Cela explique pourquoi nous sommes contre l'écologisme, de même que nous sommes contre toute autre «alternative» et toute proposition qui prétend faire quelque chose contre l'exploitation en isolant une partie de la réalité du reste. Bien sûr, nous partons aussi depuis des points de replis dans nos interventions, mais nous ne nous leurrons pas en croyant que l'on pourrait vraiment attaquer l'ennemi en restant au sein de cette «partie».
Afin de passer à l'attaque, nous devons remédier à la fragmentation (des luttes) qui, à un certain point devient un choix nécessaire, mais est essentiellement une stratégie qui a été imposée à nous par le capital.

Maintenant, le plus grave pillage opéré par l'exploitation, la charge qui a le plus de conséquences, est le vol du temps et de l'espace. Ces deux privations sont substantiellement liées. Le Capital vole notre temps en nous obligeant à travailler et en conditionnant nos vies, en les infestant d'horloges, d'engagements, de délais et ainsi de suite, jusque dans les moindres détails. En volant notre temps, il nous empêche de nous comprendre. Il nous aliène. Sans le temps, nous n'aurions même pas remarqué le vol de l'espace. Nous avons besoin de temps afin de prendre conscience de la présence même de l'espace. Pour penser, pour écouter, pour rêver, pour désirer. En vivant l'espace en termes de distance, de kilomètres à parcourir, de déplacement d'un endroit à l'autre, nous perdons de vue notre relation avec les choses, la nature, le monde entier.

Le Capital nous a volé du temps (car il en avait besoin pour la production) - puis est venu le système du contrôle et de la répression, et, enfin, la généralisation du consensus. Maintenant, nous sommes confrontés à la nécessité de passer à la réappropriation de notre temps et de l'espace. Notre attaque ne peut manquer de causer des dommages et de la ruine. C'est dans la logique des choses, la logique de la guerre de classes. Le projet du pouvoir est global. Il ne peut pas permettre l'existence "d'espaces vides". Notre projet de libération est aussi mondial, pour la raison opposée. Il ne peut pas permettre que des espaces libres n'existent pas. Si nous devions laisser le capital atteindre la domination mondiale à ce niveau, nous serions morts pour de bon.

Heureusement, la route que devra parcourir le pouvoir afin d'achever sa mondialisation est encore longue. Ainsi comme l'espace (et les heures) détournées à un niveau global, le capital est en train de diviser la réalité en deux parties distinctes. Il ne s'agit plus seulement de l'ancienne fragmentation, mais d'une nette séparation, d'un véritable mur, entre inclus et exclus. La première partie sera la garantie d'un état de privilège, de domination, de niveaux élevés de culture, de projectualité et de créativité, et la seconde, une condition de survie, de consensus, de sous-cultures, de résignation ventre à terre, de manque de stimulation et peut-être même de manque de besoins. Dans cette perspective, le Capital et l'Etat exigent une disponibilité totale de l'espace social. Rien ne doit échapper à leurs contrôle.

Et ce n'est pas tout. Le Capital dispose désormais de technologies à sa disposition qui ne lui permettent pas tant la possession de l'espace que sa production réelle. Pensez à sa capacité à communiquer en «temps réel» entre deux points distincts séparés par des milliers de kilomètres de distance. Cela ne veut pas seulement dire changer l'ordre productif (variété, la créativité, les stocks, etc) mais aussi, et surtout, l'ordre humain des relations sociales (qui sont aussi économiques). Donc, le capital est effectivement la production de l'espace sur la base de son projet d'exploitation et de domination. Il transforme et détruit la nature, modifient les villes et les terres, détruit les mers, les rivières et les lacs, en soumettant les distances stellaires à sa logique militariste. L'espace produit de cette manière sert alors à canaliser les individus. Nous nous trouvons donc dans des embouteillages énormes, dans les accélérations le long des autoroutes, debout dans les files d'attente au supermarché. Nous sommes affligés par le chaos de la circulation, les rendez-vous qu'il ne faut pas manquer, les intérêts fictifs qui nous font nous sentir mal, nous obligent à être de manière insensée et perpétuellement en mouvement. Nous nous déplaçons dans des espaces qui ont été programmés pour nous, mais que nous imaginons que nous avons «choisi» nous-mêmes. Nos maisons sont pleines d'objets inutiles et dangereux. L'espace est devenu restreint ou a plutôt changé selon les besoins de la production capitaliste qui a besoin de vendre des télévisions, des réfrigérateurs, des machines à laver, des meubles intégrés dans les cuisines. Alors, presque sans s'en apercevoir, notre temps disparait et notre espace est lui-même la réduction des relations avec des objets qui témoignent de la puissance du capital à nous convaincre. De cette façon, nous sommes éduqués à la répétition. Nous effectuons les mêmes gestes, comme chacun-e sait (mais oublie systématiquement), dans l'antichambre du consensus.

Pour sa part, le capital est obligé de nous prendre l'espace, car il ne peut en laisser aucun disponible pour notre créativité, notre capacité à bricoler toute sorte de choses, notre désir d'innovation (qui est le premier stimulus pour trouver des solutions qui se révèlent être des dotations incroyables de la spontanéité et de la richesse). Si le capital devait laisser un espace à de telles forces individuelles, il ne serait pas en mesure d'atteindre le rythme de répétition qui est indispensable à sa production. Laquelle, nous ne devons pas oublier, ne repose que sur la condition de sa reproduction. Pensez aux efforts (aidés par la technique électronique) que le capital fournit pour réaliser les désirs de chacun-e avec le maximum (centralisée et codifiée) de diversification. Les grands noms de la mode, les chaînes de restauration rapide, la publicité qui met en valeur le goût individuel au sein de la production de masse, ne sont plus que des tentatives pour bloquer les divers chemins qui pourraient encore être parcourues aujourd'hui.

Bien que l'espace qui est produit et reproduit est basé sur le consensus, il contient une quantité considérable d'aspects purement répressifs, dans le sens policier du terme. Réglementer les mouvements dans tous les sens. Les matières premières et les hommes, les idées et les machines, l'argent et les désirs. Tout est coordonné, car tout a été préventivement homogénéisé. Les différences ne sont pas plus que cela, elles ne sont pas les diversités radicales. Elles ont été réduites au rang des apparences et à ce titre sont louées au plus hauts des cieux comme le règne de la liberté. Ainsi, la stratégie du pouvoir est donc celle de la maîtrise de «tout» l'espace de la même manière qu'il contrôle «tout» le temps. Ce n'est pas seulement une question de contrôle policier, mais surtout de contrôle basé sur le consensus et l'acceptation de modèles de comportement et d'échelles de valeurs qui sont celles des technocrates capitalistes. Que faire ? Aller à la recherche du temps perdu ? Des espaces perdus ? Pas dans le sens d'un voyage nostalgique, de remonter dans le temps. Rien dans la vie ne va vers l'arrière, tout comme rien ne se présente à nouveau d'une manière identique (ou même de manière tout à fait différente).

La vieille relation avec l'espace a laissé le signe d'un lieu physique. Le signe de l'humain et ses choses. Une route, une place, un carrefour, un pays, un fleuve, la mer et le ciel, les bois et les montagnes, étaient dans une relation ouverte avec les individus qui ont su (et voulaient) en être à l'écoute. Et les affinités entre les individus les ont conduit aux mêmes endroits, ont animé leurs sentiments, les ont poussé à l'action et la réflexion. On se retrouvait comme individus, alors que l'on se cache désormais dans le cadre d'un ensemble, d'une foule.

Autrefois nous étions ouverts, mais aussi souvent mal préparés et plus vulnérables. Désormais, nous sommes tous protégés par l'uniformité, la répétitivité. Nous nous sentons plus en sécurité parce que nous appartenons à la masse. Tout est produit et reproduit. Tout semble prêt à devenir une marchandise.

Dans cette perspective, la lutte pour les espaces autonomes* devient une lutte pour la réappropriation de tous les «territoires» au-delà et contre les règles du contrôle et du consensus.


[Titre original: Spazio e capitale, publié dans le n.56 de "Anarchismo", 1987. Traduction en anglais par Jean Weir et publié dans "Let's destroy work, let's destroy economy" Elephant Editions, Londres. Traduit en français par Le Cri Du Dodo]

*Note de traduction : Le terme anglais employé est "social spaces". L'expression "espaces autonomes" a été préférée à "espaces sociaux", parce que le terme est trop vague par rapport à ce à quoi il fait référence, et aussi à "centres sociaux", parce qu'il ne recouvre qu'une partie de la réalité de ces espaces, parmi lesquels le squat, la zone d'autonomie, et autres espaces occupés."

Le Cri Du Dodo

Hors service, journal anarchiste n°27


http://journalhorsservice.blogspot.fr//search/label/Num%C3%A9ro%2027

[Brochure] De l’être humain mâle et femelle - Lettre à P.J. Proudhon

"Qu’est-ce que l’homme ? rien. – Qu’est-ce que la femme ? rien. – Qu’est-ce que l’être-humain ? – TOUT.

Du fond de la Louisiane où m’a déporté le flux et le reflux de l’exil, j’ai pu lire dans un journal des Etats-Unis, la Revue de l’Ouest, un fragment de correspondance entre vous, P.J. Proudhon, et une dame d’Héricourt.

Les quelques mots de Madame d’Héricourt cités par ce journal me font craindre que l’antagoniste féminin ne soit pas de force – polémiquement parlant – à lutter avec son brutal et masculin adversaire.

Nouvelle-Orléans, mai 1857."


http://infokiosques.net/spip.php?article892

Balade anti- électorale à Grenoble

"Le samedi 31 mars, aux alentours de midi, nous avons joyeusement déambulé dans les rues de Grenoble contre les élections et leur monde. Sur notre chemin, en ont pris pour leur grade : le Dauphiné Libéré, la nouvelle permanence PS, Pôle Emploi, banques, agences d’intérim, d’immobilier et de sécurité. C’est à coup d’huile de vidange, de peinture, de compost et de fruits pourris que nous avons redécoré les devantures de nos cibles. Un texte a été diffusé durant la balade, que nous postons à la suite.

A cinquante, il est possible de reprendre la rue l’espace de quelques minutes. Et si on s’y mettait à plus ?

Pas d’élections sans bordel ; à bientôt dans la rue !

[TEXTE] Pourquoi sommes nous dans la rue aujourd’hui ?

A quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, au moment où les candidats de gauche comme de droite examinent les derniers sondages, nous sortons dans la rue pour réaffirmer que nous n’irons pas voter. Nous n’irons pas voter pour ces spécialistes de la politique qui prétendent pouvoir gérer la vie de millions de gens ; nous n’irons pas voter car nous refusons le monde qu’ils nous proposent, enfin nous n’irons pas voter car notre imagination et nos désirs débordent de leurs bulletins de vote. La démocratie représentative n’est qu’une instance de gestion de la société ! Nous voulons vivre et pour cela nous pensons qu’il est primordial de reprendre en mains nos existence, commencer donc par refuser de déléguer. Nous voulons un changement global de ce monde ; décider de notre avenir ne peut être le fait d’un programme de parti, cela doit être le fruit d’une organisation collective à la base, en luttant contre toutes les formes de pouvoirs et de contrôle. Nous ne croyons pas en une insurrection civique, car l’histoire nous l’a montré, on ne peut utiliser les instruments du pouvoir pour le renverser. Il faut pour cela lutter concrètement en s’organisant collectivement. S’organiser contre les partis, de gauche comme de droite, qui ne voient dans la démocratie représentative qu’une manière de s’approprier le pouvoir. Ces experts qui veulent nous faire croire que la politique se joue dans des salles de réunions et des bureaux de vote, alors qu’elle n’existe que réellement dans la palabre et le vivre ensemble. Laissons les patauger dans leurs sondages, et reprenons notre droit à décider dans nos villages, nos quartiers, les écoles et les entreprises... S’organiser contre le travail présenté comme seul horizon, comme seul épanouissement d’une vie sans surprise. Le travail comme seul rapport au monde, comme seul rapport aux autres. Nous devons nous réapproprier et mettre en commun nos compétences et nos savoirs faire, pour ne plus les laisser aux exigences de la marchandise et du contrôle. Ne plus accepter que toujours plus de gens soient obligés d’aller taper à la porte d’un pôle emploi, soumis à des boulots de merde qu’il faut bien accepter pour ne pas être rallier, pour toucher cette thune par laquelle ils nous font marcher droit. Parce que oui, la réalité de ceux et celles qui n’ont pas de travail c’est bien souvent la misère économique, mais aussi sociale et affective. Finalement une dépendance toujours plus accrue au système responsable de cela : quand t’as pas de thunes tu t’accroches au moindre billet. Les discours actuelles sur la crise, présents dans la bouche des politiques, et relayés par tous les médias dominants, veulent nous faire croire que l’on traverse une période difficile, mais que l’on doit rester confiant dans le relance de la croissance, que ça ira mieux demain ! Mais nous avons compris que la crise n’est qu’une phase normale du fonctionnement normal de l’économie capitaliste. Une phase de plus dans laquelle les plus pauvres trinquent sévèrement pendant que les grosses fortunes réalisent des records de bénéfices. La crise n’est finalement qu’une façon supplémentaire de nous contraindre au silence, à l ’attente, au calme, à être « responsable ». Années de plomb ou années à fric qu’importe, nous refusons que nos existences vacillent au gré des fluctuations d’un capitalisme mondiale. Pour mettre à bas ce système, il nous faut désormais nous organiser sans argent ou plutôt contre l’argent, car il est la source majeur de notre malheur. Nous devons donc développer les solidarités, les combines et les pratiques qui puissent permettent en fin de compte de rendre les dispositifs de domination obsolètes. Cela veut dire se poser de manière commune certaines questions. Celle de la nourriture par exemple, pour ne plus être dépendant d’une agriculture productiviste et d’une bouffe de plus en plus industrielle. Mais c’est aussi la question du logement ; retrouver la possibilité d’habiter un espace qui nous convienne, nous ne voulons plus choisir entre la rue et un appart pourri. Nous refusons de croire que la vie la plus épanouissante se joue entre les quatre murs d’un trois pièces, dans une propriété aseptisée au sein d’un quartier sans âme. Pour faire accepter les cadres et mater les colères, toutes les formes de pouvoir, et nos « démocraties » ne sont pas en reste en la matière, s’entourent de vigiles, de policiers, de militaires... et aujourd’hui grâce à l’apport des nouvelles technologies, ce sont les caméras, les puces RFID... autant de possibilités de contrainte. Mais notre meilleure police c’est nous même, c’est notre façon d’accepter le « moins pire des mondes » et d’être prêt à le défendre même lorsqu’il nous broie. Il est grand temps de retrouver ensemble le courage de le combattre.

Le monde capitaliste se craquelle de part en part, les peuples du monde entier refusent de courber l’échine sans rien dire, mais il ne tombera pas seul ! S’organiser pour renverser ce système ne passera pas par les urnes, mais dans la pratique collective : dans les mouvements sociaux, dans les luttes en tous genre, dans les assemblées et dans la rue. Nous devons rendre présents tous ces gestes, les multiplier et les faire résonner entre eux jusqu’à ce qu’ils débordent..."



http://grenoble.indymedia.org/2012-04-02-balade-anti-electorale-a-Grenoble

Le président du Mouvement des étudiants agressé à Tolbiac

"Le président du Mouvement des étudiants (MET), Antoine Diers, 23 ans, a porté plainte, mardi 3 avril au soir, pour "violences volontaires" après avoir été agressé plus tôt dans la journée à la faculté de Tolbiac, puis hospitalisé à l'Hôtel-Dieu.

M. Diers, président du MET, organisation de droite qui a succédé à l'UNI, participait tôt mardi matin à la campagne des élections universitaires,"avec une dizaine de militants", sur le campus de Tolbiac. Il a affirmé avoir d'abord été victime "de vols de tracts et de jets d'œuf de la part de quelques militants de SUD-FSE".

Le groupe a ensuite grossi à "une vingtaine de personnes, dont certaines casquées et gantées". M. Diers affirme avoir tenté de s'interposer, tout en demandant à ses propres militants de reculer. Il a alors reçu "un coup de poing à la figure, à l'œil droit". "J'étais sur mes pieds, mais sonné, la tête entre les bras, et tout le groupe m'est tombé dessus et m'a bastonné", a-t-il ajouté. Sorti de la mêlée par un des militants du MET et un membre de la sécurité de l'université, M. Diers dit avoir été évacué, puis conduit aux urgences de l'Hôtel-Dieu par les pompiers, car son œil droit n'était "pas réactif" et il avait la "pupille dilatée".

Dans un communiqué, le ministre de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, a "condamné fermement un acte de violence inacceptable, la confrontation des idées étant exclusive de toute forme de violence"."

AFP"

[Brochure] Vous n’êtes que des poires !

"« Instruire le peuple ! Que faudra-t-il donc ? Sa misère ne lui a rien appris. Tant qu’il y aura riches et pauvres, ces derniers s’attelleront d’eux-mêmes pour le service commandé. L’échine des travailleurs est habituée au harnais. Au temps de la jeunesse et de la force, ils sont les seuls domestiques qui ne ruent pas dans les brancards.

L’honneur spécial du prolétaire consiste à accepter en bloc tous les mensonges au noms desquels on le condamne aux travaux forcés : devoir, patrie, etc. Il accepte, espérant ainsi se hisser dans la classe bourgeoise. La victime se fait complice. Le malheureux parle du drapeau, se frappe la poitrine, ôte sa casquette et crache en l’air :

– Je suis un honnête ouvrier !

Ça lui retombe toujours sur le nez. »

5 textes extraits de La Feuille, journal fondé par Zo d’Axa en 1897 et qui paraît jusqu’en 1899. Une anthologie des meilleurs articles, (Les Feuilles, éd. Société libre des gens de lettres, Paris) est parue en 1900.

Sommaire

* À toute occasion
* Le candidat de « La feuille »
* Aux Électeurs
* Il est élu
* L’honnête ouvrier"


http://infokiosques.net/spip.php?article929

Permanences de la révolte

"Le local du Front de Gauche vandalisé !

Site du PCF

Dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 mars, les vitres de la permanence de notre local situé 90 bis avenue Victor Cresson à Issy les Moulineaux ont été brisées (vers 0h30 selon un voisin réveillé par le fracas).

Une plainte a été déposée au commissariat de Police."

"À Vannes, vandalisme au local UMP

Ouest France, vendredi 30 mars 2012

Ce matin, à 8 h 30, le permanencier du local départemental de l’UMP, situé au 31, rue du Maréchal-Leclerc, près de la préfecture, a découvert deux vitres brisées dans la nuit. Aucune trace de tentative d’effraction n’a été relevée. Une plainte sera déposée cet après-midi."